
Point Boursier : Nvidia, Ubisoft et décisions monétaires au cœur de l’actualité économique
La semaine boursière écoulée a été marquée par une volatilité notable sur les marchés financiers, où incertitudes économiques, tensions politiques et annonces stratégiques se sont entremêlées, entraînant des fluctuations significatives des indices et une prudence accrue des investisseurs. Dans ce contexte, les inquiétudes liées à une possible récession, les débats houleux sur les plans de relance en Europe et les menaces protectionnistes qui ont secoué Wall Street ont contraint les investisseurs à faire face à des rebondissements inattendus.
Les jours à venir seront déterminants pour l’Ukraine et l’Europe, avec des pourparlers entre les États-Unis et la Russie. Cette semaine, l’attention se concentrera sur les décisions de politique monétaire, notamment celles des États-Unis à l’Europe en passant par le Japon. Analysons de plus près les développements récents et les attentes pour les jours à venir.
Lundi 10 mars : Incertitudes économiques et rejets politiques en Allemagne
La séance d’ouverture à la Bourse de Paris s’est amorcée dans la prudence, le CAC 40 a enregistré une baisse de 0,94 % pour s’établir à 8 047 points. Ce recul a été alimenté par la montée des craintes d’une récession imminente aux États-Unis, tout en étant accentué par des doutes concernant le vaste plan de relance envisagé en Allemagne. En effet, les Verts allemands se sont opposés fermement au dispositif d’investissements proposé par le futur gouvernement de Friedrich Merz, ce qui a menacé la majorité qualifiée nécessaire pour valider les ajustements constitutionnels indispensables.
Ce différend politique, dont l’examen à la chambre basse a débuté jeudi 13 mars, a eu des répercussions notables sur le secteur industriel, avec des baisses de 4,76 % pour ArcelorMittal et de 5,48 % pour le cours de l’action Saint-Gobain.
En contraste, l’action de Verallia a suscité l’enthousiasme après l’annonce par la holding brésilienne BWGI d’une offre publique d’achat à 30 euros par action, qui visait à devenir l’actionnaire majoritaire tout en garantissant le maintien des emplois et du siège social à La Défense.
Mardi 11 mars : Menaces commerciales et perturbations sur les marchés globaux
La deuxième journée de la semaine a été marquée par de nouvelles menaces protectionnistes, avec le président américain Donald Trump qui a annoncé une augmentation drastique – doublée pour atteindre 50 % – des droits de douane sur l’acier et l’aluminium canadiens. Cette décision a poussé le CAC 40 à reculer de 1,31 %, s’établissant à 7 941 points, ce qui a fait chuter l’indice sous la barre symbolique des 8 000 points.
Toutefois, un souffle d’apaisement s’est fait sentir dans l’après-midi avec l’annonce d’une potentielle trêve de 30 jours dans le conflit russo-ukrainien, accompagnée de la reprise des aides à l’Ukraine. Par ailleurs, le Premier ministre de l’Ontario a suspendu temporairement un surcoût de 25 % sur l’exportation d’électricité vers trois États américains, atténuant ainsi une partie des tensions commerciales.
Mercredi 12 mars : Un léger rebond dans la tourmente géopolitique
Malgré un climat d’incertitudes persistantes, ce mercredi, la Bourse de Paris a amorcé une modeste reprise, le CAC 40 ayant progressé de 0,59 % pour atteindre 7 988 points. Ce regain d’optimisme a été porté par des performances encourageantes de sociétés telles que Safran, Schneider Electric et Axa, qui ont compensé les difficultés rencontrées par Edenred, Teleperformance et L’Oréal.
Sur la scène internationale, des discussions diplomatiques entre les États-Unis et l’Ukraine, menées à Djeddah, ont apporté un éclairage positif, même si l’absence de position claire de la Russie laissait planer le doute sur une résolution rapide du conflit. Par ailleurs, l’Union européenne a répliqué aux mesures tarifaires américaines en imposant des droits de douane sur l’équivalent de 26 milliards d’euros de produits importés, notamment l’acier et l’aluminium.
De surcroît, des données récentes du département américain du Travail ont indiqué une décélération plus forte que prévu de l’inflation, ravivant l’espoir d’une politique monétaire plus accommodante de la Fed.
Jeudi 13 mars : Les taxes déstabilisent le marché, le retour du repli
Ce jeudi, les marchés se sont replongés dans la nervosité alors que le CAC 40 a reculé de 0,64 %, clôturant à 7 938 points. L’annonce d’un projet de taxation allant jusqu’à 200 % sur les exportations de champagne, vins et spiritueux français – en réaction à une hausse de 50 % des taxes sur le whisky américain imposée par Bruxelles – a alimenté les craintes d’une escalade tarifaire avec les principaux partenaires économiques des États-Unis.
En dépit de quelques données rassurantes sur l’inflation, l’atmosphère est restée tendue. Au cœur de cette instabilité, Intel a fait figure de contre-courant en enregistrant une remontée spectaculaire de près de 15 % suite à la nomination de Lip-Bu Tan en tant que nouveau directeur général. Cette décision stratégique est intervenue après plusieurs trimestres difficiles, durant lesquels l’entreprise a vu sa part de marché s’effriter et ses investissements massifs peiner à générer des retours significatifs dans le secteur des semi-conducteurs.
Vendredi 14 mars : L’essor du luxe dynamise la Bourse de Paris
Pour clore cette semaine, la Bourse de Paris a terminé sur une note positive vendredi, le CAC 40 ayant progressé de 1,13 % pour atteindre 8 028 points. Le secteur du luxe s’est distingué nettement, porté par la montée en flèche d’actions emblématiques telles que L’Oréal, Hermès et LVMH, qui ont offert un contrepoids aux incertitudes persistantes.
Cependant, Kering s’est vu fortement impacté par l’annonce controversée de la nomination de Demna Gvasalia – ancien directeur artistique de Balenciaga – qui devait prendre les rênes de Gucci dès juillet 2025. Âgé de 43 ans, Demna avait déjà suscité la polémique en 2021 suite à une campagne publicitaire jugée inappropriée. Les analystes se sont déchirés sur ce choix : alors que certains y voyaient une opportunité de modernisation et d’attraction d’un nouveau public, d’autres redoutaient un manque de « signalisation » suffisant pour redorer l’image de la marque.
Enfin, la semaine à venir s’annonce active sur le marché boursier, avec les investisseurs attentifs à des événements internationaux majeurs et à des indicateurs économiques clés. Le lancement de la conférence mondiale de Nvidia promet des avancées technologiques, tandis que les données économiques et les décisions de politique monétaire aux États-Unis, en Europe et au Japon devraient générer de la volatilité.
Par ailleurs, une discussion entre Donald Trump et Vladimir Poutine est prévue cette semaine, centrée sur la situation en Ukraine, suite à une proposition de trêve de Washington, comme l’a annoncé ce dimanche 16 mars sur la chaîne américaine CNN, l’émissaire américain Steve Witkoff.
À surveiller cette semaine : Nvidia, Ubisoft, tensions monétaires et impératifs économiques mondiaux
Lundi 17 mars 2025 – Lancement de la conférence mondiale de Nvidia
La semaine débute avec l’ouverture de la conférence annuelle de Nvidia à San José, qui se poursuit jusqu’au 21 mars. Ce rendez-vous international, très attendu par les investisseurs et les acteurs du secteur technologique, se profile comme un révélateur des innovations à venir dans l’industrie. Parallèlement, plusieurs indicateurs économiques clés viennent nourrir le contexte mondial : en Chine, la production industrielle et les ventes au détail de février font l’objet d’une attention particulière, tandis qu’aux États-Unis, la publication des ventes au détail, les statistiques des stocks et les premières données sur la confiance dans la construction dessinent le panorama économique. La mise à jour des perspectives de l’OCDE vient compléter ce tableau, offrant aux analystes un aperçu global de l’évolution des marchés.
Mardi 18 mars 2025 – Le Bundestag allemand au cœur d’un débat stratégique
Ce mardi, l’attention se porte principalement sur l’Allemagne. Le Bundestag doit se prononcer sur un ambitieux programme d’investissements visant à réarmer et moderniser le pays, une initiative qui intervient dans un climat de confiance renforcée mesurée par l’indice ZEW. Cette décision est d’autant plus importante qu’elle intervient dans un contexte européen marqué par la publication simultanée de plusieurs indicateurs : la balance commerciale de janvier en zone euro, les actualisations des prévisions de l’INSEE en France ainsi que divers signaux économiques aux États-Unis, comme les statistiques des permis de construire et la production industrielle. Cette convergence d’événements souligne la volonté des acteurs économiques de consolider leurs bases pour une reprise durable.
Mercredi 19 mars 2025 – La Réserve fédérale américaine fait sensation
Mercredi se caractérise par une avalanche de données économiques et de décisions monétaires à l’échelle mondiale. Au Japon, la matinée débute avec une série d’annonces, dont une décision de politique monétaire et plusieurs indicateurs tels que la balance commerciale et la production industrielle. En Europe, la France et la zone euro présentent respectivement l’indice du coût du travail et l’inflation de février, éléments essentiels pour jauger la santé économique du continent. Toutefois, le moment fort de la journée se trouve aux États-Unis, où la Réserve fédérale conclut sa réunion avec l’annonce tant attendue de sa décision de politique monétaire, suivie d’une conférence de presse animée par Jerome Powell.
Jeudi 20 mars 2025 – L’Europe en dialogue stratégique
Le jeudi place l’Europe sous le feu des projecteurs. Un dialogue inédit entre la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen et Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, ouvre la journée. Cette rencontre stratégique vise à clarifier les orientations monétaires dans un contexte de fluctuations économiques, tandis que d’autres pays européens – la Suisse, la Suède et le Royaume-Uni – annoncent leurs décisions de politique monétaire. Aux États-Unis, la publication de la balance courante du quatrième trimestre et des indicateurs du marché immobilier vient renforcer l’actualité économique internationale. Sur le front corporatif, plusieurs grandes entreprises dévoilent leurs résultats annuels, et Ubisoft attire l’attention avec la sortie très attendue du jeu vidéo « Assassin’s Creed Shadows », illustrant la dynamique à la fois financière et culturelle qui anime le marché.
Vendredi 21 mars 2025 – Un bilan français riche en données
La clôture de la semaine s’articule autour d’un ensemble dense d’indicateurs économiques français. La journée débute avec la diffusion de l’inflation de février au Japon et de l’indice GfK de confiance des consommateurs au Royaume-Uni, mais c’est en France que se concentre l’attention. Les chiffres des ventes au détail de février, les enquêtes mensuelles de conjoncture dans l’industrie, le commerce de détail, le secteur du bâtiment et des services, ainsi que l’annonce des résultats définitifs de l’emploi salarié du quatrième trimestre 2024, fournissent un panorama complet de l’activité économique. Ces données, associées aux indicateurs sur le marché immobilier et aux mesures de la balance des paiements en zone euro, offrent aux décideurs et aux analystes les clés pour anticiper les tendances de la reprise économique à court terme.